Le Botswana s’impose comme l’une des destinations africaines les plus prisées par les voyageurs en quête d’expériences authentiques et de nature préservée. Ce pays d’Afrique australe a su développer un modèle touristique unique, privilégiant la qualité à la quantité, ce qui lui permet de protéger ses écosystèmes exceptionnels tout en offrant des rencontres inoubliables avec la faune sauvage. Avec ses vastes étendues désertiques, ses zones humides luxuriantes et sa politique de conservation exemplaire, le Botswana incarne parfaitement l’équilibre entre développement touristique et préservation environnementale. Les voyageurs y découvrent une Afrique authentique, loin du tourisme de masse, où chaque safari devient une aventure privilégiée au cœur d’une nature restée sauvage.

Le delta de l’okavango : écosystème endoréique et sanctuaire de biodiversité

Le Delta de l’Okavango représente l’un des phénomènes naturels les plus spectaculaires de la planète. Ce delta intérieur, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2014, constitue le plus grand système endoréique au monde, s’étendant sur environ 15 000 kilomètres carrés pendant la saison des hautes eaux. Contrairement aux deltas traditionnels qui se jettent dans l’océan, l’Okavango s’épanche dans le désert du Kalahari, créant un oasis luxuriant au milieu des sables arides. Cette particularité géographique exceptionnelle génère un écosystème d’une richesse incroyable, abritant plus de 200 000 mammifères, 400 espèces d’oiseaux et une diversité floristique remarquable. Les eaux cristallines du fleuve Okavango, provenant des hauts plateaux angolais, parcourent près de 1 600 kilomètres avant de se perdre dans ce labyrinthe aquatique, transformant le paysage en un réseau complexe de canaux, de lagunes et d’îles verdoyantes.

Navigation en mokoro traditionnel dans les canaux du panhandle

La navigation en mokoro, pirogue traditionnelle taillée dans un tronc d’arbre, offre l’expérience la plus authentique pour explorer les méandres du delta. Cette embarcation silencieuse, propulsée à la perche par un guide local expérimenté, permet de glisser entre les papyrus et les nénuphars sans perturber la faune environnante. Le Panhandle, partie nord du delta caractérisée par ses canaux permanents et profonds, constitue un terrain de prédilection pour cette activité ancestrale. Les voyageurs peuvent ainsi observer de près les hippopotames se prélassant dans les eaux peu profondes, les crocodiles du Nil immobiles sur les berges, et une multitude d’oiseaux aquatiques comme le pygargue vocifère ou le bec-en-sabot du Nil. Cette approche douce et respectueuse de l’environnement permet une immersion totale dans l’écosystème du delta, offrant des perspectives photographiques uniques et des moments de contemplation privilégiés au cœur d’une nature préservée.

Observation animalière sur les îles chief’s et moremi game reserve

Chief’s Island, la plus grande île du delta avec ses 1 000 kilomètres carrés, et la Réserve de Moremi adjacente forment ensemble l’un des sanctuaires animaliers les plus impressionnants d’Afrique. Cette zone protégée abrite une concentration exceptionnelle de grands mammifères, incluant éléphants, buffles

et lions du delta, mais aussi rhinocéros réintroduits, lycaons, girafes et une multitude d’antilopes comme le lechwe rouge ou le sitatunga. Les safaris en 4×4 ouverts permettent d’alterner observation des prédateurs sur les plaines inondables et recherche des espèces plus furtives dans les forêts de mopanes. Au petit matin, les brumes qui se lèvent au-dessus des canaux offrent une lumière idéale pour la photographie animalière, tandis que les soirées se prêtent aux safaris crépusculaires, lorsque les félins deviennent plus actifs. Pour les voyageurs en quête d’authenticité, séjourner dans un camp intimiste sur Chief’s Island ou aux abords de Moremi, loin de toute route goudronnée, renforce cette impression de vivre un safari dans l’un des derniers grands sanctuaires sauvages d’Afrique.

Systèmes de gestion communautaire des concessions privées du delta

L’une des spécificités du delta de l’Okavango réside dans son système de concessions privées, souvent gérées en partenariat avec les communautés locales. Ces zones, adjacentes aux parcs nationaux, sont confiées à des opérateurs touristiques sous forme de baux à long terme, avec des obligations strictes en matière de conservation et de retombées économiques. Les communautés, regroupées en trusts, perçoivent des loyers, des dividendes et des emplois directs, ce qui crée un lien concret entre protection de la faune et amélioration du niveau de vie. Ce modèle de gestion partagée limite par ailleurs la densité de visiteurs, chaque concession n’abritant qu’un nombre restreint de lits, ce qui garantit une expérience de safari exclusive et peu intrusive.

Pour vous, voyageur, cela se traduit par des safaris souvent privés ou en très petits groupes, avec la possibilité de pratiquer des activités impossibles dans les parcs publics, comme les safaris de nuit ou les marches guidées. Les guides, souvent issus des villages voisins, partagent non seulement leur expertise naturaliste, mais aussi leur connaissance intime du territoire, transmise de génération en génération. Cette gouvernance communautaire, encore rare à l’échelle du continent, fait du delta de l’Okavango un laboratoire vivant de tourisme durable, où chaque séjour contribue directement au financement de la conservation et à la valorisation des cultures locales. En choisissant un lodge implanté dans une concession communautaire, vous soutenez concrètement ce cercle vertueux.

Cycles hydrologiques saisonniers et stratégies de safari adaptatif

Le delta de l’Okavango est un écosystème pulsatile, rythmé par un cycle hydrologique paradoxal : les crues venues d’Angola atteignent le Botswana entre mai et juillet, en pleine saison sèche locale. L’eau s’étale alors sur des milliers de kilomètres carrés, transformant les plaines en mosaïque de lagunes et de chenaux scintillants. À l’inverse, entre octobre et décembre, les niveaux baissent et laissent réapparaître de larges prairies, que les herbivores investissent massivement. Planifier un safari dans le delta revient donc un peu à lire la partition d’un orchestre : selon la « note » de la saison, les paysages, la faune observable et les activités praticables changent.

Pour vivre une expérience optimale, il est essentiel d’adapter votre stratégie de safari à ces fluctuations. En saison de hautes eaux (mai à août), privilégiez les safaris en mokoro et en bateau, idéals pour explorer les canaux intérieurs et observer oiseaux aquatiques, sitatungas ou éléphants nageant d’île en île. En saison plus basse (septembre à novembre), les safaris en 4×4 deviennent particulièrement productifs, car la faune se concentre autour des poches d’eau permanentes. Entre décembre et mars, la saison verte offre des paysages spectaculaires et des scènes de naissances, très prisées des photographes. En coordonnant votre itinéraire avec ces cycles, vous maximisez vos chances de vivre un safari au Botswana vraiment adapté à vos attentes, qu’il s’agisse de photographie, d’ornithologie ou de grands prédateurs.

Chobe national park et concentration exceptionnelle d’éléphants d’afrique

Au nord-est du Botswana, le parc national de Chobe est mondialement connu pour abriter la plus grande concentration d’éléphants d’Afrique. On estime qu’entre 120 000 et 130 000 pachydermes parcourent cette région transfrontalière, utilisant Chobe comme cœur de leur territoire. Le fleuve Chobe, qui marque par endroits la frontière avec la Namibie, joue un rôle vital : en saison sèche, il devient un aimant irrésistible, attirant chaque jour des centaines d’éléphants, buffles, hippopotames et antilopes. Cette abondance de faune, associée à une relative facilité d’accès depuis la petite ville de Kasane, fait de Chobe une porte d’entrée idéale pour un premier voyage au Botswana.

Safari fluvial sur la rivière chobe et migrations vers kasane

Le safari fluvial sur la rivière Chobe est l’expérience signature du parc, et probablement l’une des plus belles façons au monde d’observer la grande faune africaine. À bord de bateaux à fond plat ou de petites embarcations privées, vous longez les berges herbeuses au coucher du soleil, lorsque les troupeaux descendent s’abreuver. Les éléphants traversent parfois le fleuve à la nage, ne laissant dépasser que leurs trompes, tandis que les hippopotames émergent pour brouter et que les buffles se pressent au bord de l’eau. Depuis Kasane, ces croisières animalières sont faciles à organiser et constituent un complément parfait aux safaris terrestres en 4×4.

Au fil de l’année, Chobe est également le théâtre de migrations saisonnières moins connues mais fascinantes. Pendant la saison des pluies, une partie des troupeaux se disperse vers l’intérieur des terres, profitant des points d’eau temporaires et des pâturages frais. Lorsque les mares s’assèchent, un véritable mouvement de « retour » vers le fleuve se dessine, et la zone de la Riverfront près de Kasane redevient un couloir majeur de faune sauvage. Pour les voyageurs, varier les horaires de sortie (matin, après-midi, fin de journée) permet de saisir différentes facettes de ce ballet incessant. N’hésitez pas à combiner une croisière au long cours avec une sortie en petit bateau photo, plus discret, pour des approches au ras de l’eau.

Savuti marsh : prédateurs et phénomène des lions chasseurs d’éléphants

Plus au sud, la région de Savuti offre un visage très différent de Chobe, avec ses vastes plaines ouvertes, son canal capricieux et sa célèbre Savuti Marsh. Cette zone est réputée pour sa forte densité de prédateurs, en particulier ses lions, qui ont acquis une notoriété mondiale pour leur comportement inhabituel : la chasse aux éléphants. Lorsque les ressources se raréfiaient, certaines meutes ont appris à cibler de jeunes éléphants isolés, notamment pendant les nuits de pleine lune, devant les caméras de documentaires devenus cultes. Si ce phénomène est aujourd’hui moins fréquent, Savuti reste l’un des meilleurs terrains d’Afrique pour observer les interactions complexes entre grands carnivores et leurs proies.

Les safaris à Savuti se déroulent principalement en 4×4, sur des pistes sablonneuses qui serpentent entre kopjes rocheux et acacias solitaires. La visibilité y est excellente, ce qui facilite le suivi des lions, lycaons ou hyènes tachetées à distance respectable. Pour vous offrir les meilleures chances d’assister à des scènes de prédation, il est recommandé de rester au moins deux à trois nuits sur place, afin de multiplier les sorties à l’aube et au crépuscule. Savuti demande une certaine tolérance à la poussière et à l’isolement, mais c’est justement cette dimension brute qui séduit les voyageurs en quête d’un Botswana authentique, loin des routes surpeuplées d’autres destinations de safari.

Linyanti wildlife reserve et corridors de faune transfrontaliers

À l’extrême nord-ouest du parc de Chobe, la réserve de Linyanti se distingue par son caractère exclusif et par son rôle clé dans les corridors de faune transfrontaliers. Bordée par la rivière Linyanti et des marais permanents, cette concession privée, composée de plusieurs blocs (Linyanti, Selinda, Kwando…), fait partie d’un vaste paysage de conservation qui s’étend jusqu’en Namibie, en Angola et en Zambie. Les éléphants, en particulier, utilisent ces couloirs écologiques pour leurs migrations à grande échelle, reliant ainsi les différents noyaux de population d’Afrique australe. Pour les scientifiques comme pour les voyageurs, Linyanti offre un observatoire privilégié de ces dynamiques régionales.

Sur le terrain, vous profitez dans Linyanti de safaris à la fois terrestres et fluviaux, avec une densité de véhicules extrêmement faible. Quelques lodges seulement se partagent des milliers d’hectares, garantissant des rencontres animalières souvent privées. Les points d’eau et les marécages attirent une faune variée : éléphants en nombre, buffles, antilopes rares comme le roan ou le sable, mais aussi de nombreux prédateurs. Les safaris de nuit y sont particulièrement riches, révélant civettes, genettes, léopards et parfois même pangolins. Linyanti incarne parfaitement cette promesse du Botswana : un safari exclusif, dans un cadre intact, où la notion de « corridor de faune » prend tout son sens à l’échelle du paysage.

Désert du kalahari et patrimoine culturel des san bushmen

Lorsque l’on pense au Botswana, l’image du delta de l’Okavango vient souvent en premier. Pourtant, plus de 70 % du pays est occupé par le Kalahari, vaste désert semi-aride qui révèle une autre facette, plus secrète, de ce territoire. Loin d’être une simple étendue de sable, le Kalahari est un écosystème complexe, ponctué de dunes rouges, de savanes herbeuses saisonnières et de pans argileux. C’est aussi le berceau culturel des San, parfois appelés Bushmen, l’un des plus anciens peuples d’Afrique australe. Explorer cette région, c’est donc conjuguer observation de la faune adaptée à la sécheresse et rencontres humaines riches de sens.

Central kalahari game reserve et adaptations faunistiques xérophiles

La Central Kalahari Game Reserve (CKGR) figure parmi les plus grandes réserves protégées au monde, avec plus de 50 000 km² de paysages intacts. Ce territoire, longtemps fermé au public, n’a été ouvert au tourisme qu’à partir des années 1990, ce qui explique son atmosphère de bout du monde. La faune qui y vit a développé des adaptations remarquables aux conditions xérophiles : les oryx (gemsboks) peuvent survivre des semaines sans eau libre, les springboks régulent leur température corporelle grâce à des mécanismes internes précis, tandis que les suricates et les otocyons se nourrissent principalement d’insectes et de termites.

Pour vous, un safari dans le Central Kalahari est une expérience radicalement différente d’un safari classique en savane. Les grandes plaines, comme Deception Valley ou Piper Pan, semblent d’abord vides, mais un œil exercé – et l’aide d’un guide local – révèle rapidement la vie qui s’y cache : lions à crinière noire, chacals à dos noir, outardes kori et renards du Cap. En saison des pluies, lorsque les orages d’été transforment le désert en prairie verdoyante, des milliers d’antilopes se rassemblent, attirant les prédateurs. C’est une période idéale pour les photographes qui souhaitent capturer la magie de ce désert en pleine métamorphose.

Immersion ethnographique avec les communautés ju/’hoansi et !kung

Au-delà des animaux, le Kalahari est indissociable des peuples qui l’habitent depuis des millénaires. Les communautés San, notamment les Ju/’hoansi et les !Kung, ont développé une connaissance intime de ce milieu aride, basée sur l’observation fine des cycles naturels et la transmission orale. Plusieurs projets de tourisme communautaire, encadrés par des ONG et des opérateurs responsables, permettent aujourd’hui des immersions respectueuses dans ces villages. L’objectif n’est pas de « folkloriser » leur culture, mais de créer un échange, où vous découvrez leur mode de vie, et où votre visite contribue à financer des projets locaux.

Lors de ces séjours, vous pouvez participer à des marches guidées en brousse, au cours desquelles les San expliquent les plantes médicinales, les techniques de collecte d’eau ou la symbolique de certaines traces d’animaux. Les soirées autour du feu sont souvent l’occasion de chants polyphoniques et de danses rituelles, qui jouent un rôle central dans leur spiritualité. Pour préserver l’authenticité de ces rencontres, il est préférable de voyager avec un opérateur qui limite la taille des groupes et respecte les calendriers et souhaits des communautés. En adoptant cette approche, vous vivez une immersion ethnographique profondément marquante, tout en contribuant à la valorisation d’un patrimoine culturel menacé.

Techniques ancestrales de pistage et survie en milieu aride

Les San sont souvent décrits comme les « maîtres pisteurs » du Kalahari, et à juste titre. Leur capacité à lire le paysage, comme on lit un livre ouvert, est stupéfiante : une empreinte à peine visible, une brindille cassée, une odeur fugace suffisent à reconstituer le passage d’un animal plusieurs heures auparavant. Cette expertise millénaire, forgée par la nécessité de chasser pour survivre, inspire aujourd’hui des programmes de formation de rangers et de guides de safari. Plusieurs réserves du Botswana font appel à des pisteurs San pour enrichir leurs équipes, mêlant ainsi savoir traditionnel et techniques modernes.

En tant que voyageur, vous pouvez parfois participer à des ateliers de pistage, encadrés par ces experts. Ils vous apprendront par exemple à reconnaître la différence entre la trace d’un chacal et celle d’un renard, à estimer l’âge d’une empreinte ou à identifier une source d’eau cachée. Ces techniques de survie en milieu aride – utilisation de racines gorgées d’eau, choix des heures de marche, gestion de la chaleur – sont autant de leçons d’humilité face à la nature. Comprendre comment ces populations ont su s’adapter au Kalahari depuis des milliers d’années permet aussi de relativiser notre propre rapport au confort et au temps, et donne une autre dimension à votre voyage au Botswana.

Makgadikgadi pans : vestiges lacustres et migration des zèbres

À l’est du Kalahari central, les Makgadikgadi Pans forment un paysage presque irréel : une mer blanche de sel et d’argile, vestige d’un immense lac préhistorique. Par temps sec, l’horizon semble infini, brisé seulement par quelques baobabs monumentaux, dont les célèbres Baines’ Baobabs. Cet environnement minimaliste, où le ciel et la terre se confondent, offre un contraste saisissant avec la luxuriance du delta de l’Okavango. Pourtant, à la saison des pluies, ces cuvettes s’emplissent d’eau et se couvrent d’herbes tendres, attirant une multitude d’animaux.

C’est ici que se déroule l’une des plus grandes migrations de zèbres d’Afrique australe, encore méconnue du grand public. Chaque année, entre décembre et avril, des dizaines de milliers de zèbres quittent les abords du delta pour rejoindre Makgadikgadi et Nxai Pan, profitant de la qualité nutritive des pâturages éphémères. Les prédateurs – lions, hyènes, lycaons – suivent ce mouvement, offrant des scènes spectaculaires aux voyageurs de passage. En saison sèche, l’intérêt ne disparaît pas pour autant : les sorties en quad sur les pans asséchés, les nuits à la belle étoile sur des îlots isolés et l’observation des suricates habitués à l’homme font partie des expériences les plus originales que vous puissiez vivre au Botswana.

Modèle cbnrm et tourisme communautaire à faible impact

Si le Botswana séduit autant les voyageurs en quête d’authenticité, c’est aussi grâce à son modèle de gestion participative des ressources naturelles, le Community-Based Natural Resource Management (CBNRM). L’idée centrale est simple : donner aux communautés locales un rôle direct dans la gestion et les bénéfices des zones sauvages qui les entourent. Plutôt que de considérer la faune comme une contrainte ou une menace, ce modèle la transforme en atout économique, à condition de la préserver. Pour le voyageur, cela se traduit par des expériences de safari enracinées dans le tissu social local, loin des resorts anonymes et standardisés.

Community-based natural resource management dans les wildlife management areas

Concrètement, le CBNRM s’applique surtout dans les Wildlife Management Areas (WMA), ces zones tampons qui entourent les grands parcs et réserves du Botswana. Les terres y appartiennent légalement à l’État, mais leur gestion est déléguée à des communautés regroupées en trusts, comme le Sankuyo Tshwaragano Management Trust près de Moremi. Ces trusts signent des contrats avec des opérateurs de safari pour la création de concessions touristiques, de campings ou de lodges, et reçoivent en échange des revenus et des emplois. Une partie des bénéfices est ensuite réinvestie dans des projets communautaires : écoles, dispensaires, infrastructures d’eau potable.

Pour vous, choisir de séjourner dans une WMA gérée en CBNRM, c’est participer à ce mécanisme vertueux. Vous avez souvent l’occasion de visiter les villages partenaires, de découvrir leurs projets et d’échanger avec les habitants. Ce modèle n’est pas exempt de défis – conflits d’usage, dépendance économique au tourisme, gouvernance interne – mais il reste l’un des plus aboutis d’Afrique pour concilier protection de la nature et développement local. Il explique en grande partie pourquoi le Botswana est perçu comme une destination de safari à faible impact, où le tourisme n’est pas une fin en soi, mais un outil au service de la conservation et des communautés.

Lodges éco-certifiés : wilderness safaris et beyond phinda

Le succès du modèle botswanais repose aussi sur l’engagement de certains opérateurs pionniers en matière d’écotourisme. Des acteurs comme Wilderness Safaris ou &Beyond ont développé, dans les concessions du delta et de Chobe, des lodges à l’empreinte écologique réduite et aux standards de confort élevés. Même si la réserve de Phinda se situe en Afrique du Sud, l’approche d’&Beyond y est souvent citée en référence pour illustrer ce qu’est un lodge éco-responsable de nouvelle génération : énergie solaire, gestion avancée de l’eau, matériaux locaux, formations pour le personnel issu des communautés avoisinantes.

Au Botswana, de nombreux camps gérés par ces opérateurs suivent les mêmes principes : infrastructures démontables ou montées sur pilotis, limitation du nombre de chambres, recyclage des déchets, interdiction de l’eau en bouteille plastique, menus saisonniers privilégiant les produits locaux. Certains lodges soutiennent en parallèle des projets de recherche ou de réintroduction d’espèces, comme les programmes de rhinocéros dans l’Okavango. En optant pour un hébergement certifié ou clairement engagé dans des démarches environnementales, vous contribuez à la pérennité de ce système. Vous gagnez aussi en qualité d’expérience : moins de bruit, moins de lumière artificielle, plus de ciel étoilé et de sons de la brousse – bref, plus d’authenticité.

Quotas stricts de visiteurs et politique anti-tourisme de masse

À la différence de certaines destinations emblématiques d’Afrique de l’Est, le Botswana a fait le choix assumé d’un tourisme « high value, low impact ». Cela signifie des prix plus élevés que la moyenne, mais une fréquentation limitée et mieux contrôlée. Dans les faits, ce choix se traduit par des quotas stricts de lits touristiques dans les concessions, des tailles de camps restreintes et un nombre maximal de véhicules autorisés autour d’un même sighting (observation). Dans de nombreuses zones du delta ou de Linyanti, il n’est pas rare d’être seul avec votre guide face à une meute de lycaons, sans la moindre file de 4×4 à l’horizon.

Pour vous, ce modèle anti-tourisme de masse a deux conséquences majeures. La première est qualitative : le sentiment de solitude, de silence et de connexion profonde avec la nature est bien plus fort qu’ailleurs. La seconde est éthique : en réduisant la pression sur les écosystèmes, le Botswana préserve la quiétude de la faune et limite les comportements perturbateurs souvent observés dans les parcs surfréquentés. Certes, un safari au Botswana représente un investissement, mais cet investissement finance directement la conservation et vous garantit une expérience rare, loin des foules, fidèle à l’idée que l’on se fait d’un voyage authentique.

Réserve de tsodilo hills et sites rupestres classés unesco

Si la nature est au cœur de l’attrait du Botswana, son patrimoine culturel n’est pas en reste. La réserve de Tsodilo Hills, dans le nord-ouest du pays, en est l’illustration la plus spectaculaire. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce petit massif isolé qui émerge des plaines du Kalahari est surnommé le « Louvre du désert », en raison de la densité exceptionnelle de ses peintures rupestres. Plus de 4 500 motifs, réalisés sur plusieurs millénaires par les ancêtres des San et des peuples bantous, recouvrent les parois de grès ocre : girafes, antilopes, silhouettes humaines, symboles abstraits… autant de témoignages d’une spiritualité profondément ancrée dans le paysage.

Visiter Tsodilo Hills, c’est ajouter une dimension historique et sacrée à votre voyage au Botswana. Accompagné d’un guide local, vous parcourez les sentiers qui relient les principales collines – souvent nommées « Homme », « Femme », « Enfant » – en découvrant peu à peu les fresques, parfois dissimulées dans des anfractuosités. Les explications portent autant sur la signification possible des peintures que sur les légendes orales associées au lieu, encore vénéré aujourd’hui. Prévoyez de bonnes chaussures, de l’eau et un départ matinal pour éviter les fortes chaleurs, et laissez-vous surprendre par la force évocatrice de ces sites rupestres, où la présence humaine dialogue avec la roche depuis des milliers d’années.

Faune endémique et espèces emblématiques du southern africa

Enfin, si le Botswana attire autant les passionnés de safari, c’est qu’il concentre une grande partie de la faune emblématique de l’Afrique australe, tout en abritant certaines espèces rares ou endémiques. Outre les célèbres Big Five – lion, léopard, éléphant, buffle et rhinocéros – vous y observez des animaux étroitement associés à cette région du continent : lycaons, guépards, hippotragues noirs, oryx, suricates, otocyons, pour n’en citer que quelques-uns. La diversité des écosystèmes, du delta inondé aux déserts du Kalahari et aux pans salés, multiplie les niches écologiques et donc les rencontres possibles.

Le delta de l’Okavango est par exemple l’un des meilleurs endroits au monde pour observer le sitatunga, antilope semi-aquatique insaisissable, tandis que les marais de Linyanti et les zones de Savuti sont réputés pour leurs fortes densités de lycaons. Les pans de Makgadikgadi et le Central Kalahari offrent, eux, des opportunités uniques d’admirer des espèces adaptées au désert comme l’oryx ou l’outarde kori, le plus lourd oiseau volant d’Afrique. Pour les ornithologues, plus de 560 espèces d’oiseaux ont été recensées au Botswana, dont des joyaux comme le guêpier carmin, le rollier à longs brins, l’aigle bateleur ou le rare hibou pêcheur de Pel.

En préparant votre voyage au Botswana, vous pouvez orienter votre itinéraire en fonction des espèces que vous rêvez de voir. Rêvez-vous de suivre une meute de lycaons en chasse dans les plaines de Moremi ? D’observer les grandes migrations de zèbres sur les pans inondés ? Ou de photographier un lion à crinière noire se découpant sur les dunes du Kalahari au lever du soleil ? Quelle que soit votre aspiration, la combinaison d’écosystèmes préservés, de politiques de conservation ambitieuses et d’un tourisme maîtrisé fait du Botswana l’un des rares pays où l’on peut encore vivre un safari d’Afrique australe dans ce qu’il a de plus authentique, loin du tumulte, au plus près du vivant.